Pièces de clavessins

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Pièces de clavessins

Gaspard Le Roux (v. 1660-v. 1707)

PV706051

 

Pièces en ré mineur

Pièces en ré majeur

Pièces en la mineur

Pièces en la majeur

Pièces en fa majeur

Pièces en fa# mineur

Pièces en sol mineur

Gigue en sol majeur

 

Bibiane Lapointe, Thierry Maeder: clavecins "D.F." et "Vincent Tibaut à Tolose 1681" de la collection Yannick Guillou

Prise de son : Thierry Bardon.

Bibiane Lapointe et Thierry Maeder

 

Gaspard Le Roux a de la chance au disque. Ses Pièces pour clavecin ont été servies par Rousset sur le miraculeux Hemsch de 1751, et dans !eur version en duo par Meyerson et Crawford sur deux autres joyaux, le Taskin (1769) et le Goermans (1764) de la Russell Collection. Un luxe, en fait, bien superflu. Car, quand paraissent les Pièces de Le Roux (1705) et celles de Marchand (1699 et 1702), le Premier Livre de Rameau (1706) et celui de Couperin (1713), les clavecins qui sortent des ateliers parisiens n'ont pas grand-chose à voir avec la facture „somptueusement délicate" du milieu du siècle. Ajoutez à cela que les rares instruments (conservés) des deux premières décennies du XVIIe ont presque tous été par la suite remis au goût du jour, et que ceux des années 1680 et 1690 étaient encore joués au tournant du siècle, vous comprendrez pourquoi les timbres si particuliers du Tibaut de Toulouse de 1681 et de l'anonyme „D.F." nous donnent la meilleure idée possible de l'univers sonore des jeunes Rameau et Couperin. Et de Le Roux, „petit maître" dont on ne sait rien, sinon qu'il a publié ce chef-d'oeuvre du clavecin français.  Propriété de l'heureux Yannick Guillou, les deux tricentenaires sont pour la première fois réunis devant les micros. Entendre ce que Bibiane Lapointe et Thierry Maeder en obtiennent, et revenir à la gravure de Rousset, c'est passer du ciselé de Mignard (ou des éclats harmonieux. de Vouet) aux grâces diaphanes de Watteau. Bien sûr, Lapointe et Maeder ne sont pas les premiers à relire les maîtres du Grand Siècle à la lumière de tels instruments, Lengellé l'a fait pour François Couperin (sur le D.F., déjà), plus récemment Stewart pour Marchand (idem) et Frisch pour d'Anglebert (sur une copie du Tibaut), mais nos deux compères vont plus loin. Question d'aisance, de respiration (plus large), d'énergie...  Le jeu «en duo" est aussi en cause. Le recueil de 1705 donne l'exemple en proposant pour cinq pièces des contreparties pour un deuxième clavecin; Lapointe et Maeder le suivent avec une imagination savante. Ici, une figure "luthée" s'enlace à la mélodie, là des arpèges miroitent à sa surface. Le deuxième clavier peut aussi accentuer les pas du danseur avec un aplomb canaille (irrésistible Menuet en ré !), orchestrer la grande Chacone en fa, assouplir la Sarabande en la mineur par l'imperceptible décalage des vingt doigts. Les harmonies gourmandes de Gaspard Le Roux rayonnent, ivres de résonances. Les tricentenaires jubilent. 
Diapason d'or, juillet-août 2006, critique de Gaëtan Naulleau

 

 

In the case of Le Roux, working out the contrepartie is a more cerebral process than one might think, involving as it does the reinvention of ornaments and the recrafting of textures, both of wich require an intimate knowledge of the French harpsichord style.

 In this respect, Bibiane Lapointe and Thierry Maeder (founders of the Baroque Ensemble Les Cyclopes) make a distinct contribution by fully realizing Le Roux’s intention and rendering these pieces convincingly on two harpsichords in Le Roux : Pièces de clavessins. ...

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