Abendmusiken

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Abendmusiken

Concerti Vocali / Sonate / Partite

Matthias Weckman (1616-1674)

ZZT110502

 

Bibiane Lapointe : clavecin - Thierry Maeder : orgue

Eugénie Warnier: Soprano - Damien Guillon : Contre-ténor

Robert Getchell : Ténor- Benoît Arnould : Basse

Olivia Centurioni, Guadaluppe del Moral, Reynier Guerrero : violon

Lucile Boulanger, Marion Martineau, Mathilde Veillard-Baron : viole de gambe

Frithjof Smith : Cornettino - Stefan Legée : Trombone

Jérémie Papasergio : Fagotto

Clavecin Emile Jobin d'après I.Ruckers (1612)

* Orgue Arp Schnitger (1686/87 et 1691/92) de Norden.

Prise de son, direction artistique, montage, Franck Jaffrès

Un merveilleux recueil qui oscille entre l'ombre et la lumière, sous l'impulsion d'un petit groupe de musiciens remarquable, sous la direction de Bibiane Lapointe et Thierry Maeder, mais aussi des voix d'Eugénie Warnier (une soprane à la voix spectaculaire !), Damien Guillon, Robert Getchell et Benoît Arnould qui enchantent les oreilles et le cœur ! Tous les instruments et le charme de la musique baroque sont au rendez-vous, alors que le mélomane passe un délicieux moment à découvrir la richesse d'une expression très personnelle, aussi bien dans ses arrangements que dans ses thèmes. Un album magnifique que je recommande d'autant plus chaleureusement que l'enregistrement d'Abendmusiken s'incarne dans un vrai spectacle pour l'audiophile !

evmag.fr

 

L'oreille aussitôt saisie par l'audace de Weckmann restera à l'affût de ses inventions si expressives. Entre autres, des clairs-obscurs entêtants (sur « Die mit Tränen säen »), l'étrange bifurcation d'une sonate pour cornet, trombone et violon suivie d'un thème rocambolesque, une élégante sarabande pour clavecin qui vacille à mi-course, ou le simple enchaînement de deux harmonies sur la première phrase de la cantate Weine nicht (« Ne pleure pas »): comme ce nicht nous parle et nous apaise, avec trois fois rien.

Les Cyclopes se gardent bien de charger le trait dans une écriture si puissante. Eugénie Warnier pare le Wie liegt die Stadt so wüste d'une noblesse presque austère. Ce chant superbement tenu... fait un beau contraste avec la chaleur de Benoît Arnould. Chapeau bas à celui qui insuffle au texte à la fois une telle gravité et une telle compassion, et qui dégaine ainsi la vocalise enragée sur « grimmigen Zorns...»

Les deux autres cantates sont détaillées avec beaucoup d'art et la complicité de cordes formidablement volubiles... Les instruments se font acteurs (et divas, et danseurs) dans les sonates, impeccables.

Gaëtan Naulleau, DIAPASON